mardi 14 juillet 2015

Les Collines du Tigre, de Sarita Mandanna


De quoi ça parle ? 
"1878. Première fille à naître chez les Nachimanda depuis plus de soixante ans, la belle et fougueuse Devi est le trésor de sa famille. Elle se lie d'amitié avec Devanna, un jeune garçon brillant dont la mère est morte de façon tragique. Les deux enfants deviennent rapidement inséparables tandis qu'ils grandissent entre la jungle luxuriante, les collines verdoyantes et les plantations de café de la région de Coorg, dans le sud de l'Inde. Ils sont couvés par une large famille aux racines ancrées dans cette terre depuis des siècles.
Leurs destins semblent inévitablement liés ; mais tout change la nuit où ils assistent à un « mariage de tigre ». C'est là que Devi aperçoit pour la première fois Machu, le célèbre tueur de tigre, chasseur réputé."
  
Pour quel lecteur ?

Sarita Mandanna fait incontestablement partie de cette nouvelle génération d’auteurs indiens qui attirent l’attention d’un nombre grandissant de lecteur (je fais partie du nombre).

Le lecteur sentimental en aura pour son compte : en effet Les Collines du Tigre, roman souvent décrit comme étant le Autant emporte le vent indien, entraine le lecteur dans un tourbillon d’amours contrariés et de drames familiaux dont personne ne ressortira indemne. Pour ma part, j’ai souvent du mal à « supporter » les romans construits autour d’une histoire d’amour, principalement parce que souvent je ne les trouve pas crédibles et trop niaises. Ici, je n’ai pas du tout ressenti d’agacement. Les personnages grandissent, et leurs sentiments évoluent d’une manière tout à fait crédible et réaliste.

Les penseurs pourront éventuellement trouver un thème de réflexion intéressant ; à savoir l’idée de pardon et de résilience. Je n’en dirais pas plus pour ne pas révéler le point central de l’intrigue, mais j’ai trouvé que certains sujets très difficiles sont abordés sous un angle différent et inhabituel.

Je conseillerais tout particulièrement ce livre à ceux qui aiment les sagas familiales et les secrets de famille. En effet, ce livre est largement bâti autour d’un non-dit, d’un secret qui détruit peu à peu les liens qui unissaient les personnages. Et pour ne rien gâcher, cette grande fresque familiale se déroule dans les forêts indiennes, près des grandes plantations de café, dans les collines du tigre.

A couper le souffle. Je le conseille vraiment si vous partez en vacances et que vous cherchez un roman pour la plage !

Pour lire ma critique (enthousiaste): cliquez là
 
Un roman qui plairait à Scarlett O'hara ou à Mary Margaret Kaye (dont j'ai chroniqué le roman Pavillons Lointains, que je ne conseillerais jamais assez!)
 

samedi 11 juillet 2015

Vous voulez savoir quel type de lecteur vous-êtes ?

Rendez vous dans les Bonus : et dites nous quel lecteur vous êtes.

Et n'hésitez pas à indiquer en commentaire quel livre, à votre sens, représente le mieux tel ou tel type de lecteur. Après, nous pourrons faire une grande liste des incontournables que chaque type de lecteur doit IMPERATIVEMENT posséder (oui, oui, c'est impératif!)
 

mardi 7 juillet 2015

L'Assassin Royal, de Robin Hobb

De quoi ça parle ? 


"Lorsque le jeune Fitz est conduit à la cour des Six-Duchés, il ne sait pas encore que sa vie - et celle du royaume tout entier - va s'en trouver bouleversée. Le roi-servant Chevalerie, père de cet enfant illégitime, devra renoncer au trône pour ne pas entacher la réputation de la famille royale... Et nombreux sont les prétendants à la succession... Fitz se retrouve isolé au centre d'un univers qu'il ne connaît pas. En quoi le Vif, cette étrange magie qu'il découvre et qui lui permet de communiquer avec les animaux, est-elle si dangereuse ? Et pour quelle raison le roi Subtil fait-il appel à lui pour lui enseigner une forme étrange de diplomatie : l'art de tuer ? Poisons, magies et lames effilées vont bien vite devenir le quotidien du jeune bâtard princier..."

Pour quel lecteur ? 

En matière de fantasy, il existe des valeurs sûres. Le genre de livre qui met (presque?) tout le monde d'accord. Je pense par exemple à l'indétrônable Seigneur des Anneaux, à Légende ou encore, plus récemment, au Trône de Fer. Le cycle de l'Assassin Royal fait partie de ces références collectives, et Robin Hobb règne aujourd'hui sur une communauté de fans (Fandom pour les intimes) assez importante. 
 
C'est le livre que je conseillerais à tous les fans de fantasy, mais également aux réfractaires du genre. En effet, l'Assassin royal nous permet de vivre aux côtés de Fitz, un jeune garçon dont le seul tort est d'être le fils bâtard d'un prince. Le livre, rédigé à la première personne, nous invite dans l'intimité d'un jeune enfant, puis d'un adolescent et finalement d'un homme (mention spéciale aux fans d'Harry Potter et autres lecteurs aimant regarder grandir leurs personnages fétiches) qui doit se construire autour de cette identité trouble, et dont le statut attire plus souvent la méfiance que la sympathie. La psychologie et la profondeur des personnages de ce livre est assez impressionnante, et c'est sûrement son plus grand point fort. Même les gros méchants ont une personnalité si complexe, et des motivations si "légitimes" qu'on fini par avoir de la compassion pour eux. 

Ajoutez à ceci une ambiance moyen-âgeuse plus vraie que nature, et un world-building impressionnant (chaque chapitre s'ouvrant sur la description succincte d'une coutume, d'une histoire, d'une croyance propre à l'univers en question). Tout ceci me fait penser qu'un lecteur ayant ordinairement peu d'appétence pour la fantasy pourrait bien y trouver une porte d'entrée sympathique. 

Quant aux lecteurs aimant la fantasy: vous y trouverez tout ce qu'il vous faut. Des pirates, de la magie, des dragons...! Certains regrettent parfois la place très discrète occupée par la magie, dans les livres. Il est vrai que l'utilisation de la magie y est assez rare, mais les choses  montent lentement en puissance au fil des tomes.

Enfin, j'ai trouvé une dimension profondément émouvante dans ces livres, surtout dans le tome 3 (mon favoris) qui m'a fait versé une larmichette (chose très très très rare) et qui reste à mes yeux un des meilleurs moments de lecture!

Pour ma part, je n'ai lu que le 1er cycle (6 premiers tomes donc). Je pense m'arrêter sur ce 6ème tome, car pour moi la boucle et bouclée, et j'ai peur d'être lassée. Je préfère partir sur une sensation de satisfaction quasi-parfaite!


Pour lire ma critique du 1er tome, clique ici!

lundi 6 juillet 2015

La promesse de l'Ouest, de Robert Lautner


De quoi ça parle?

"Avril 1837. Le jeune Tom Walker quitte New York avec son père, commis voyageur. Tous deux se dirigent vers l'Ouest, au-delà des montagnes et des plaines arides, pour vendre, de petite ville en petite ville, le célèbre revolver Colt. La joie d'être sur la route, de partager un repas autour d'un feu et de dormir l'un près de l'autre, est cependant de courte durée. Tandis que la nature se fait de plus en plus sauvage, une rencontre dévastatrice laisse Tom seul et démuni. Déterminé à regagner l'Est et la civilisation, le jeune garçon place alors tous ses espoirs en Henry Stands, un cowboy taciturne croisé en chemin. Ensemble, cet étonnant duo se lance dans un périlleux périple..."

Pour quel lecteur?

Reçu dans le cadre d'une masse critique Babélio (j'avoue maintenant l'avoir sélectionné à cause de la couverture que je trouve suuuublime!), j'avais un léger a priori (sachant que j'ai été t'es déçue par mes dernières participation, et que je me sentais morveuse à force de mettre des critiques hyper méchantes sur des livres reçus gratuitement!) mais au final cette lecture ne me laisse que de bons souvenirs!

Les historiens vont beaucoup aimer, surtout s'ils aiment les armes à feu (domaine dans lequel mon inculture atteint des sommets), car on apprend beaucoup sur la naissance de fusils et de revolver dont les noms sont aujourd'hui des légendes (le colt frontier!)! Le livre sème des infos sympathiques, mais sans avoir l'air de donner des leçons au lecteur.

Les cow-boys et les aventuriers seront bien entendu sous le charme, surtout après avoir fait la connaissance d'Henry Stands, le genre de type qui entre dans un bar, tire sur tout ce qui bouge et s'explique après. Bref un dur de dur. Mais ne vous y trompez pas, derrière cette dureté et au delà des apparences, le livre vous invitera à plonger dans l'intimité de ce duo improbable: le garçon qui rêve juste de rentrer chez lui, et le chasseur de prime qui n'a jamais eu de chez lui.

Le passage à l'âge adulte, la culpabilité, l'entraide, la survie sont autant de thèmes abordés avec simplicité dans ce roman. Même si, à mon sens, il aurait mérité une petite centaine de pages en plus (en bonne dévoreuse que je suis!), c'est une lecture que je conseille.

Pour ceux qui ont aimé True Grit ou encore Impitoyable.


Pour lire ma critique sur Babélio, cliquez là!

P.S: merci aux éditions Presse de la cité pour l'envoi de ce livre

samedi 2 mai 2015

L'équilibre du monde de Rohinton Mistry


De quoi ça parle ?

"Voici le grand roman de l'Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré traversé par le souffle d'un Hugo ou d'un Dickens. L'histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.Dans le même quartier vivent des personnages venus d'horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs des «intouchables» ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants et bien d’autres encore. À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement."

Pour quel lecteur ?

Portée par le succès de plusieurs auteurs (VikramSeth, Tarun Teijpal ou encore Amitav Gosh pour ne citer qu’eux), la littérature indienne a réussi à attirer l’attention d’un bon nombre de lecteurs français. Pour ma part, je porte un intérêt tout particulier à ces auteurs qui, je pense, ont vraiment quelque chose à apporter au paysage littéraire. Et pour illustrer mon propos, j’ai choisi de vous parler de L’équilibre du monde du RohintonMistry, un roman d’une grande richesse et qui réunit de nombreuses qualités caractéristiques de la littérature indienne.

Il s’agit d’un roman choral où le lecteur suivra, parfois sur plusieurs génération, la vie d’un groupe de personnages tous très attachants. Le roman plaira aux penseurs et à ceux qui aiment les romans sociaux : on y parle des conditions de vie des castes inférieures, de la position de la femme, du droit de vote ou encore de la mendicité et du travail clandestin. Autant de sujets douloureux qui font partie de l’histoire de l’Inde d’aujourd’hui.  Les Penseurs apprécieront certainement la philosophie qui sous-tend ce roman, à savoir qu’il existe un équilibre dans le monde, basé sur un double mouvement: celui de ceux qui veulent s'extirper de leur condition et sur celui de la cruauté et de l'indifférence du monde, qui les y maintien. L’auteur expose sa vision (finalement assez pessimiste) de la condition humaine, et invite le lecteur à s’interroger sur la place de l’individu dans la société.
L’Historien apprendra beaucoup de choses sur l’Inde dans les années 70, et sur les politiques menées par Indira Gandhi et son fils.

Au-delà de tout ceci, il s’agit d’une aventure humaine incroyable, touchante par la justesse du ton employé et par l’absence de voyeurisme et de misérabilisme gratuit. Rohinton Mistry offre un roman riche, complexe et émouvant. Si vous ne deviez lire qu'un seul roman indien: lisez celui-ci!
A tous ceux qui aiment Vikas Swarup (SlumdogMillionnaire pour les cinéphiles) et Charles Dickens (pour la description de la misère des grandes villes, pour son engagement).

Pour lire ma critique personnelle : cliquez ici ! avec une mention spéciale pour le passage du livre sur le droit de vote, que chaque citoyen devrait lire pour prendre conscience du privilège qui lui est offert...