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samedi 5 décembre 2015

Les Disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos

De quoi ça parle ? 

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Pour quel lecteur ? 

Vous vous souvenez peut-être de du tome 1 intitulé Les fiancés de l’Hiver (pour lire ma critique, c’est pas ici !) que j’avais trouvé absolument génial ! D’entrée de jeu, et quitte à déflorer mon sujet, je vous annonce d’ores et déjà que j’ai également adoré le tome 2 ! Je vais essayer de vous chroniquer ce livre sans vous spoiler (et croyez-moi, ça va être difficile vu les révélations qui se trouvent dans les 100 dernières pages. Je peux vous dire que j’ai failli hurler comme une hystérique, c’était trop pour moi !)


On y retrouve Ophélie et Thorn, dont les rapports vont encore évoluer. A la base je suis déjà très fan de Thorn (bah oui c’est un homme de loi et moi je suis juriste alors forcément on est sur la même longueur d’onde !), et j’ai à nouveau beaucoup aimé la façon dont il évolue et se dévoile. Il fait preuve de plus de spontanéité, de fragilité, tandis qu’Ophélie se montre plus indépendante, et n’hésite pas à affronter de grands dangers pour lui venir en aide. Les Sentimentaux pourront s’en trouver un brin émus.

L’histoire se déroule principalement hors de la Citacielle, ce qui permet de découvrir les Déchus, sujet qui avait été effleuré dans le premier tome. Ce roman pourrait se décomposer en trois parties : l’une sur l’arrivée de la famille d’Ophélie sur le Pôle, l’autre sur l’enquête menée suite à la disparition de certaines personnalités logées à la Citacielle puis une troisième partie sur la Lecture du livre de Farouk. J’ai bien aimé le petit côté « enquête » de la seconde partie du livre, car j’aime toujours beaucoup le mélange entre le roman policier et la fantasy

Sans surprise, je conseille ce livre à ceux qui ont aimé le premier tome, puisqu’on y retrouve les mêmes ingrédients, à savoir beaucoup de magie pour plaire aux Imaginatifs, et un bon nombre de révélations et d’aventures parfois un peu rocambolesques !

Petit bémol, cependant : j’ai trouvé que le tome 2 souffrait de plus de longueurs que son ainé, et j’avoue que j’aurais aimé que l’action se trouve moins concentré en fin de livre.

AmisDévoreurs, vous pouvez foncer et vous plonger dans 550 pages et magie !
Pour lire ma critique Babélio : par ici !

vendredi 13 novembre 2015

Les Fiancés de l’Hiver, de Christelle Dabos

De quoi ça parle ?
 
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. 
 
Pour quel lecteur ?
 
Décidément, les français sont très doués, en matière de Fantasy ! Après Jean-Philippe Jaworski, qui m’avait époustouflée avec son incroyable Gagner la Guerre, c’est au tour de Christelle Dabos de prouver que nos écrivains nationaux n’ont rien à envier à leurs homologues américains ou anglais ! Car Les Fiancés de l’Hiver est un véritable petit bijou d’imagination, dans lequel le merveilleux et l’onirisme vont se glisser dans le moindre petit détail, donnant au livre un réalisme saisissant qui charmera les Imaginatifs voire les Déjantés (si vous voulez des écharpes frileuses qui se lovent amoureusement autour de votre cou, des serrures qui se comportent comme des chiens de garde ou encore des sabliers magiques qui vous offrent des jours de congés !).  
Alors qu’elle vivait au milieu d’une famille aimante et protectrice, entourée de livres et d’antiquité, Ophélie se retrouve, du jour au lendemain, mariée de force à un jeune homme ombrageux et taciturne qui ne lui inspire pas vraiment confiance. Elle doit le suivre dans son monde à lui. Un monde qui rappelle les cours royales : il ne faut pas se fier au faste et aux sourires de façades ! Car ce monde n’obéit qu’à la loi du plus fort, et les trahisons sont monnaie courante. Pour mener à bien leurs intrigues, les courtisanes et les éminences grises ont des armes redoutables : des illusions, des poisons, des pouvoirs hypnotiques… ! La vraie force de ce roman est de mettre en scène un univers magique mais en utilisant des personnages très réalistes ancrés dans une histoire de lutte de pouvoirs tout à fait crédible et bien construite !
 
 
Ce roman étant classé "Jeunesse", j'avais peur que le style d'écriture ou même l'histoire soit trop simpliste et devienne agaçant. Pas du tout! En le lisant j'ai trouvé que l'écriture était très agréable et très fluide. L'histoire est également très bien pensée, donc je recommande également ce livre pour les adultes! Je dirais même que les Dévoreurs en auront pour leur compte, car le gros bébé pèse quand même ses 520 pages ! Mais je vous rassure, le tout se lit avec aisance et rapidité.
 
Bref c’est un petit coup de cœur ! J’espère que le Tome 2 (Les Disparus du Clairdelune) ne me décevra pas !
 
C’est un peu comme si Hermione Granger était mariée de force à un Borgia !
Retrouvez pas critique Babélio ici !

mercredi 11 novembre 2015

Madame Bovary, de Gustave Flaubert

De quoi ça parle ?

« C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle. Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une œuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise. »

Pour quel lecteur ?

Chers amis romantiques, préparez-vous à souffrir ! Flaubert vous offre bien des histoires d’amours contrariées, mais ici les choses sont loin d’être magnifiées, et le sentiment amoureux est uniquement le résultat de déceptions, de recherche du frisson, de vengeance tiède et de mal-être. Madame Bovary est une jeune fille qui a grandi dans un couvent, nourrie d’ennui et abreuvée d’histoires au romantisme exalté. Mais que devient cet esprit jeune et insouciant, lorsqu’il se heurte à un réalisme sans concession ? Madame Bovary est l’histoire de cette lutte entre le romantisme et le réalisme. On oscille perpétuellement entre ces deux extrêmes, le tout complété par un brin de sensualité. Ce livre a le goût du génie et de l’interdit.

Balzac a dit « En amour, il y en a toujours un qui souffre et un qui s’ennuie ». Flaubert semble avoir appliqué cette citation avec un réalisme implacable, avec ce sens du détail qui rend les personnages si réalistes, si vrais ! J’ai eu envie de les prendre dans mes bras, de les gifler, de les secouer, de les consoler. J’ai eu tant d’empathie pour tous les personnages, que ce soit pour Emma ou pour son mari, et surtout pour leur enfant, la petite Berthe. J’ai dévoré ce livre, et croyez-moi ou non, c’était loin d’être gagné ! Je pensais qu’il s’agissait d’un livre mou et ennuyeux, avec une héroïne égoïste. Pour moi, Emma était juste une petite bourgeoise égocentrique. Jamais je ne me suis trompée à ce point sur un livre ! J’ai vraiment adoré, et j’ai finis par pleurnicher en lisant les dernières pages !

Bref, j'ai beaucoup souffert, d'une souffrance que seuls les lecteurs peuvent connaitre. Vous savez, refermer le livre, et face à toute l'ironie cruelle qu'il renferme, face à votre incapacité totale d'agir, de rentrer dans l'histoire, de la réécrire à place de l'auteur, finir par vous demander si vous arriverez un jour à faire le deuil d'un personnage que vous ne pouviez pas secourir. 

vendredi 30 octobre 2015

Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski


De quoi ça parle ?

« Au bout de dix heures de combat, quand j'ai vu la flotte du Chah flamber d'un bout à l'autre de l'horizon, je me suis dit : «Benvenuto, mon fagor, t'as encore tiré tes os d'un rude merdier». Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d'écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon... »

Pour quel lecteur ?

« Plus le gâteau est gros et plus on a les crocs". Avec cette phrase, Benvenuto a résumé sa propre histoire. Car Gagner la guerre, c'est surtout se partager le butin: la gloire, l'influence politique, l'argent, la clientèle. Les vainqueurs se retrouvent comme des loups autour d'une carcasse. Une fois la guerre gagnée, il faut montrer les crocs, et parfois il faut même mordre, en visant la jugulaire. Léonide Ducatore est un des vainqueurs, mais pour lui une nouvelle guerre commence, pour devenir maître absolu de Ciudalia, ville d'intrigues, de démagogie et de voyous! Et pour cela Ducatore compte sur notre héros: Benvenuto ! Vous allez le détester, avoir pitié de lui, l'adorer...! Avec son langage fleuri, son bagou, son cynisme, il entraîne son lecteur dans le récit de ses aventures. Dès le premier chapitre, il vous surprend, et vous comprenez vite qu'il a toujours un tour d'avance sur vous! Du « crapule Fantasy » pure souche !

Pour survivre dans ce monde impitoyable (et ne pas finir avec un couteau dans le dos !) il faudra être sacrément Aventurier et être un lecteur Imaginatif. Mention spéciale pour les Durs-à-cuire, parce que Gagner la guerre taille dans le vif et n’hésite pas à faire couler le sang !

Ce roman est une pépite, que ça soit au niveau du style (recherché, effronté, mélange complexe entre une langue riche et un argot cynique) ou de l'histoire (tout en lutte de pouvoir, double jeu et d'un machiavélisme ahurissant)! Rajoutez des capes, des épées, des fantômes et de la magie noire, vous obtiendrez un des meilleurs romans de Fantasy que j'ai pu lire!

Règlements de compte, calculs politiques, magie noire, assassinats; je ne peux que vous inviter à plonger dans ce roman époustouflant! En vous conseillant tout de même d’avoir un sacré appétit de lecture, parce que ce gros bébé fait environ 1 000 pages !

C’est comme si Machiavel avait donné des cours de politique à Cyrano !

Retrouvez-moi su Babélio ici !

samedi 5 septembre 2015

Le Bûcher des Vanités, de Tom Wolfe

De quoi ça parle ?
« Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes... Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes... Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes... Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes... Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.Sherman McCoy, fleuron de la jeune aristocratie des boursiers de Wall Street, riche de dettes, mais aussi d'assurance, vit très luxueusement sur Park Avenue. Un soir où il est allé chercher sa maîtresse à l'aéroport, il rate la bonne sortie de l'autoroute. Le couple se retrouve perdu dans le Bronx, lieu de toutes les frayeurs new-yorkaises.  Au moment où ils croient enfin échapper à ce quartier infernal, des pneus et des poubelles leur barrent la route et deux jeunes Noirs s'avancent vers la Mercedes de Sherman. Le couple parvient à s'enfuir, mais en écrasant un des jeunes.
A partir de cet instant, tout s'enchaîne dans un tourbillon qui fait monter la tension de page en page : le coma du jeune homme sert d'argument politique à la communauté noire, la police recherche la voiture et remonte jusqu'à Sherman, les médias fondent sur lui, impitoyablement, la justice ne sait plus où donner de l'arbitraire, la vie affective et professionnelle de Sherman est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. »
Pour quel lecteur ?
Tom Wolfe a visé juste avec ce roman qui a remporté un grand succès dès sa sortie. Piquant, impertinent, il nous décrit la chute d’un golden boy ayant commis un homicide involontaire sur un jeune homme noir. Tout le monde en prendra pour son grade, car Tom Wolfe instruit à charge et à décharge, et si Sherman McCoy est le personnage central, l’auteur ne se prive pas du plaisir de torpiller les journalistes, les ministres du culte ou les politiciens, peu importe leur orientation idéologique. Tom Wolfe analyse notre société et nos médias, avec une lucidité incroyable 
Les déjantés aimeront observer le fourmillement d’une ville qui ne dort jamais, et que Tom Wolfe décrit d’une manière magistrale. Moqueur, il dresse le portrait d’une société nombriliste et vaniteuse. Les journalistes voraces, à la recherche de l’information croustillante, prêts à tout pour avoir « le scoop » ; les politiciens disant défendre la cause de l’égalité raciale mais qui ne voient que leur intérêt propre ; les traders de Wall Street qui s’autoproclament « rois du monde »… ! Bourré d'humour, c'est une chronique sociale qui intéressera les penseurs, car elle rappelle tant d’épisodes de notre histoire moderne : l’affaire DSK, la crise des subprimes, les émeutes de Ferguson…
A noter que les dévoreurs aimeront, puisqu'il s'agit d'un joli pavé de 920 pages (édition livre de poche).  
Un bijou d’intelligence et d’impertinence ! A lire absolument ! Pour lire ma critique Babélio : ici !
Un livre adapté au cinéma avec Tom Hanks dans le rôle principal (mais je déconseille ce film qui est très mauvais par rapport à ce roman magistral) et qui fait écho a un autre grand roman: la foire aux vanités de William Makepeace Thackeray!

samedi 11 juillet 2015

Vous voulez savoir quel type de lecteur vous-êtes ?

Rendez vous dans les Bonus : et dites nous quel lecteur vous êtes.

Et n'hésitez pas à indiquer en commentaire quel livre, à votre sens, représente le mieux tel ou tel type de lecteur. Après, nous pourrons faire une grande liste des incontournables que chaque type de lecteur doit IMPERATIVEMENT posséder (oui, oui, c'est impératif!)
 

samedi 4 avril 2015

Warlock d'Oakley Hall

De quoi ça parle ?
 « Laville de Tombstone en Arizona, pendant les années 1880, est notre Camelot national. Une terre fabuleuse où les vertus de l'Amérique s'incarnent chez les frères Earp et ses maux dans la bande des Clanton ; une terre imaginaire aussi, où l'affrontement d'OK Corral se revêt de la pureté dépouillée des joutes arthuriennes. Dans son magistral roman Warlock, Oakley Hall rend son humanité véritable, sanglante et mortelle au mythe de Tombstone. Wyatt Earp s'y métamorphose en un tireur d'élite nommé Blaisedell qui, à cause de l'image donnée de lui dans les magazines spécialisés sur le Far West, pense qu'il est un héros. Et c'est parce qu'ils croient en ce héros que les citoyens exaspérés de Warlock font appel à lui. Mais lorsque Blaisedell découvre qu'il ne peut répondre à leurs attentes, il est obligé de reconnaître ses failles, son abîme intime n'étant pas si éloigné de celui qui règne en ville. Avant même que s'achève l'angoissante épopée du livre [...], Warlock doit admettre que ce que l'on nomme la société et l'état de droit sont des concepts aussi fragiles et précaires que la chair, voués à retourner à la poussière des déserts aussi rapidement qu'un cadavre. C'est la sensibilité profonde de Warlock qui fait de cet ouvrage un grand roman américain » Thomas Pynchon

 Pour quel lecteur ?
Il s’agit d’un roman ayant de multiples facettes de de multiples niveaux de lecture. Il s’agit donc d’un livre exigeant qui ne pourra se satisfaire que d’un lecteur à son image : multiple, complexe, vigilant… Warlock a autant de lecteurs que de niveau de lecture. Certains y verront un western pur jus, qui réunit tous les codes du genre : des bandits, un shérif, des femmes fatales, des saloons et des duels en pleine rue. Le tout mené d’une main de maitre, avec un suspens qui ne retombe que dans les dernières pages. Le vrai Cow-boy ira volontiers faire un tour à Warlock, embryon de ville qui grandit péniblement à la frontière de la civilisation, brûlée par le soleil, nourrie directement au goulot d’une bouteille de whisky trafiquée.

Ensuite, une fois que le lecteur est entré en ville, il découvre un roman social. La création du chemin de fer, l’exploitation des mines, la naissance des grandes compagnies ferroviaires et minières qui reposent sur l’exploitation d’un groupe de travailleurs exposés à tous les risques, mourant prématurément, certain avant même d’avoir atteint l’âge adulte. L'Historien pourra donc y trouver son compte.
Enfin, tout en dessous, il y a la fable philosophique : qu’est-ce que l’Etat de droit ? Comment le construire, lorsqu’il ne repose sur aucune histoire commune, sur aucun fondement solide. Lorsqu’il doit gérer la violence et la brutalité de personnages pour lesquels seule une arme à feu peut assurer l’ordre. Le Penseur observera avec attention le lent processus d’établissement de l’ordre public.
Pourtant, l’épaisseur et la densité de ce livre me fait penser qu’il faut être un bon dévoreur pour en venir à bout sans difficulté.
Un roman qui plairait à Larry McMurtry ou à Cormac McCarthy !

  
Pour lire ma critique personnelle : cliquez ici !

lundi 30 mars 2015

La Dame en Blanc de Wilkie Collins

De quoi ça parle ?
« Walter Hartright, un jeune professeur en art, vient en aide à une belle et mystérieuse femme toute de blanc vêtue. Il apprend peu après qu'il s'agit d'une folle échappée d'un asile. Le jour suivant, il se rend à Limmeridge House où il s'est vu offrir un emploi. Or, parmi ses nouveaux élèves, la jeune Laura Fairlie ressemble fort à la femme en blanc qu'il a déjà secourue...
Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens. Il nous révèle une sorte de "Hitchcock de la littérature" : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances - rien n'y manque. »
Pour quel lecteur ?
La Dame en Blanc fait partie de ces immenses classiques anglais du 19ème, et est souvent considéré comme un roman fondateur en matière d’intrigue policière et de thriller. Le raffinement de son écriture donne à cette œuvre le côté « so british » un peu désuet qu’on trouve chez une Jane Austen ou chez une Charlotte Brontë. Ce style, un peu plus travaillé que dans les autres œuvres de Wilkie Collins (est-ce parce que les autres œuvres que j’ai pu lire ont été écrites après ou au cours de ses périodes de grandes dépendances au laudanum ?) souligne à merveille l’aura qui se dégage de chaque ligne de ce roman mystérieux et un brin effrayant.
L’Historien pourra visiter les riches demeures aristocratiques de l’époque victorienne, et peaufiner son analyse des relations sociales et des codes de l’époque. La place donnée aux femmes  est assez intéressante quand on pense à l’époque à laquelle Wilkie Collins a écrit son livre : même si la plupart des femmes du livre sont envisagées comme de jeunes donzelles à la recherche d’un bon parti, et que les personnages masculins n’hésitent pas à les rappeler à l’ordre lorsqu’elles tentent de « sortir de leur rôle », le personnage principal est une femme au caractère bien trempé et qui fait preuve d’une bonne dose de courage…
Bien entendu, le Détective va adorer lire La Dame en Blanc : je n’ai pas compté le nombre de retournements de situation et de révélations qui émaillent le roman, mais croyez-moi, vous trouverez votre compte ! Wilkie Collins sait faire monter le suspens, et il sera difficile de reposer le roman avant de l’avoir terminé !
En résumé, pour les mordus des auteurs anglais et du 19ème siècle, il s'agira d'ajouter une œuvre incontournable à leur tableau de chasse, et pour les autres (les Détectives), il s'agira d'un véritable retour aux sources !
P.S: LeDévoreur ne sera pas le seul à venir à bout de ses quelques 500 pages. En plus d'être un des premiers romans policiers jamais écrit, il s'agit aussi d'un des premiers page-turners je crois  !


Un roman qui a rendu Charles Dickens jaloux !
Ma critique personnelle sur Babélio ? C’est par ici !

mardi 10 mars 2015

Pavillons Lointains - M. M. Kaye

De quoi ça parle ?

« Des cimes enneigées de l’Himalaya aux palais des maharadja, de la Kyber Pass à Kaboul, ce roman retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l’Inde à l’empire britannique, au XIXème siècle. C’est aussi une émouvante histoire d’amour, au-delà des tourments et de la fureur de son époque, celle d’Ashton, un jeune anglais élevé comme un indien, et de Juli, une princesse indienne déchirée entre raisons de cœur et raisons d’Etat ».
  
A quel lecteur s'adresse ce livre ?
 Ce roman s’adresse aux dévoreurs et aux boulimiques-littéraire qui ne sont pas effrayés à l’idée de se lancer dans la lecture d’un roman de plus de 1000 pages. Ceci dit, le lecteur moins courageux pourra tenter l’aventure, car l’écriture fluide et agréable de M.M. Kaye font de ce livre un véritable page-turner.
Pavillons Lointains plaira tout particulièrement aux explorateurs, aux orientalistes et aux historiens, bref à tous les lecteurs qui ont envie de dépaysement et d’aventure.  
Pavillons Lointains raconte le destin sinueux d’un jeune anglais qui sera tour à tour un enfant des rues, la pupille d’un prince, un fugitif, un sahib anglais, mais surtout un homme tiraillé entre un sang anglais et un cœur indien.

Et le lecteur romantique dans tout ca ? Il ne sera pas en reste, car derrière la description d’une époque riche et complexe se cache une magnifique histoire d’amours contrariés. Les cœurs-de-guimauve retiendront leur souffle pendant une grande partie du livre, et en le refermant garderont un joli souvenir.
Bref, Pavillons Lointains est le roman du dépaysement, qui emmènera le lecteur dans les sommets enneigés de l’Himalaya, dans les sombres masures des paysans indiens, dans les plus beaux palais des maharadjas, puis dans les maisons des sahib anglais, et enfin sur des campements militaires lors de la révolte des Cipayes.

Le lecteur qui aimera ce livre sera sans doute un lecteur curieux et prêt à se laisser émerveiller

Un roman qu' Alexandra David Néel ou à Rudyard Kipling auraient aimé.

Et moi dans tout ca ? Retrouvez ma critique (élogieuse) personnelle sur Babelio en cliquant ici !