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samedi 17 octobre 2015

Dissolution, de C.J. Sansom


De quoi ça parle ?

« En 1537, l'Angleterre est déchirée par une violente période de transition religieuse : les réformistes s'apprêtent à dissoudre tous les anciens monastères catholiques, coupables, selon eux, d'idolâtrie obscurantiste.
C'est dans cette atmosphère chaotique qu'un matin, à Londres, Matthew Shardlake, brillant avocat disciple d'Erasme, est reçu au cabinet de l'autoritaire Lord Cromwell, chef des réformistes. Ce dernier le somme de se rendre au monastère de Scarnsea, théâtre de rumeurs sordides, dans lequel Shardlake va découvrir le cadavre décapité de son confrère, Robin Singleton. Un assassinat inexplicable, des traces de rituel païen, une congrégation frappée de mutisme : l'avocat devra résoudre, une à une, toutes les facettes de cette profonde et macabre énigme. »

Pour quel lecteur ?

Pour tous ceux qui ont aimé Le nom de la Rose ! Difficile de ne pas rapprocher ce roman de l’œuvre d’Umberto Eco et du film du même nom. La même ambiance lourde, le même silence, le même mélange entre religion, sorcellerie, politique et paganisme. Un mélange à savourer durant la saison automnale, lorsqu’il y a une légère bruine dehors. Notre enquêteur n’est autre qu’un avocat bossu, envoyé par Lord Cromwell, dans le but de dissoudre un monastère catholique. Ce n’est pas un hasard si ce livre a remporté le prix Ellis Peters décerné par le Crime Writers’ Association, car le mutisme des moines, les tensions politiques, les intérêts personnels et la sorcellerie se mélangent et brouillent sans cesse les cartes, maintenant le secret autour de l’identité du tueur et de ses motivations.
L’Historien sera également très intéressé par ce roman très documenté et qui aide à décrypter une époque que nous autre français connaissons mal : celui de la réforme protestante en Angleterre, incarné ici par Lord Cromwell.

Si vous aimez ce premier tome, vous pourrez tenter de lire Les larmes du Diable, qui est la suite directe des enquêtes de Shardlake. Je ne peux pas (encore) attester de la qualité du reste de la série (qui compte en tout 6 tomes pour le moment), que j’espère lire bientôt.

jeudi 1 octobre 2015

Les ombres de Wielstadt de Pierre Pevel

 De quoi ça parle ?

« Hiver 1620.Les premiers feux de la guerre de Trente Ans dévorent le Saint empire romain germanique mais épargnent Wielstadt. Protégée depuis toujours par un dragon, cette ville allemande est le théâtre d'une autre bataille qu'un exorciste en armes, le chevalier Kantz, mène seul contre le Mal. »

Pour quel lecteur ?

Ayant remporté un grand succès avec Les lames du cardinal (personnellement je ne l’ai pas –encore- lu), Pierre Pevel signe une seconde trilogie basée sur un savant mélange entre roman de cape et d’épée, roman historique et roman fantasy. Ce mélange des genres pourrait refroidir certains lecteurs, mais pour ma part je trouve qu’il s’agit d’une prise de risque et d’une originalité que j’aimerais voir plus souvent, surtout si c’est aussi bien maitrisé.

L’Historien aimera découvrir une ville fictive, Wielstadt, située dans le Saint empire romano-germanique durant les guerres de religion. Pevel dissémine de nombreuses informations qui permettent aux novices d’avoir quelques repères et de ne pas se sentir perdus. 

Cependant, Wielstadt n’est pas n’importe quelle ville : elle est protégée par un dragon, qui veille jalousement sur ce territoire. Les habitants ? Des faunes, des fées, et surtout un chevalier mystérieux qui doit mener une enquête. L’imaginatif se délectera de se mélange très subtil entre fantasy et histoire. Ici, il s’agira d’une fantasy très sombre, avec de multiples meurtres. Personnellement, j’ai parfois eu un peu froid dans le dos !

Enfin, le Détective aimera peut-être suivre cette enquête inhabituelle, où la magie est à la fois une arme et un mobile ! Je recommande donc ce livre aux personnes curieuses qui aiment le mélange des genres. Petite mention pour les gens un brin aventurier : ce roman de cape et d’épées met en scène de nombreux combats haletants, qui plaira aux aventuriers !

Pour les fans de fantasy historique, qui aiment Gemmell ou encore Guy Gavriel Kay

Vous voulez lire ma critique Babélio : cliquez ici !

vendredi 18 septembre 2015

Les Dossiers Dresden, t.1 : Avis de tempête de Jim Butcher

De quoi ça parle ? 

« Harry Dresden est le meilleur. Techniquement, c'est même le seul dans sa " catégorie " : c'est un magicien, un vrai. Aussi, lorsque la police de Chicago se trouve devant un cas qui dépasse ses compétences, c'est vers lui qu'elle se tourne. Car notre monde de tous les jours regorge en fait de choses étranges et magiques - dont la plupart ne s'entendent pas très bien avec les humains. C'est là qu'Harry entre en scène… »

 Pour quel lecteur ? 

Avis de tempête est le premier tome d’une saga intitulée Les dossiers Dresden, qui raconte les enquêtes d’Harry Dresden, qui est une sorte de mélange entre Columbo et Merlin l’enchanteur, avec une petite option bad-boy qui ne manquera pas de plaire à ces demoiselles. Ce personnage atypique, un brin paumé et sans le sou est spécialisé dans des enquêtes d’un type bien particulier : pour lui, les fées, les nécromanciens et les vampires n’ont aucun secret. Le lecteur Imaginatif aimera l’univers proposé par Jim Butcher : une grande ville un brin apocalyptique, où la pègre côtoie des trafiquants de drogue d’un nouveau genre, utilisant des composants magiques pour faire perdre la tête à des jeunes en quête de sensations fortes. 

Les Détectives apprécieront peut-être de suivre l’enquête d’Harry Dresden, à condition d’être ouvert d’esprit et prêt à se laisser emporter dans une série d’aventures menées tambour battant. Mais les autres, amateurs de policiers à énigme, n’y trouveront pas forcément leur compte.

Les Aventuriers se régaleront, l’auteur ayant prévu de nombreux retournements de situations, rebondissements en tout genre, le tout accompagné d’un humour décapant qui attirera peut-être le Déjanté. Je conseille surtout aux jeunes et adolescents qui veulent quelque chose de facile à lire et de rythmé, mais également pour les adultes qui cherchent une lecture divertissante. C’est un peu l’équivalent de ces films gros budget : ça nous en met plein la vue, on passe un bon moment, et ça s’arrête là ! 

Un livre qui est un peu le pendant Urban Fantasy des Enquêtes de Sylvo Sylvain (roman plutôt steampunk, dont vous trouverez la critique sur le blog !) et que les fans de la série Grimm ne manqueront pas d'aimer!

 Pour lire ma critique Babélio : suivez ce lien.

jeudi 30 juillet 2015

Meurtre dans un jardi indien, de Vikas Swarup

De quoi ça parle ? 

Playboy millionnaire, l'ignoble Vivek -Vicky- Rai est tué lors de sa propre garden party. Six convives sont suspectés: un bureaucrate possédé par l'esprit de Gandhi; l'actrice la plus glamour de Bollywood, fan de Nietzsche; un tout petit aborigène très doué pour l'effraction; un gamin des rues voleur de portables au physique de jeune premier; un monsieur catastrophe texan sous protection judiciaire; et le must du politicien corrompu, le propre père de la victime.

Des palaces de Delhi aux bidonvilles de Mehrauli, des repaires terroristes du Cachemire aux cabanes des îles Andaman, des berges du Gange aux tapis rouges des premières de Bombay, entre soif de justice, vengeances, manigances politiques, quête d'un totem perdu ou d'une fiancée par correspondance, tous les chemins semblent mener au jardin du crime. Mais qui a tué Vicky?


Pour quel lecteur ? 

Vikas Swarup est surtout connu pour avoir écrit
Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, qui inspira le film Slumbdog Millionnaire.

Cette fois, Vikas Swarup propose un roman policier légèrement barré, avec une foule de personnages colorés et hyper sympathiques. Entre la star de Bollywood, le petit voleur des rues et le touriste américain qui s’est fait pigeonné sur internet ; on peut dire que l’auteur n’a pas hésité à prendre des risques. Je conseille le livre à un lecteur un peu Déjanté, qui aime la prise de risque. Certains lecteurs trop classiques lui ont reproché de ne pas être assez profond, et de n’aborder que superficiellement les personnages. A titre personnel, je pense que ce n’est tout simplement pas l’objet premier de ce livre, qui est avant tout une source de divertissement (même s’il aborde de manière indirecte pas mal de sujets plus sérieux, comme la corruption, la société de consommation, les conditions sanitaires en Inde…). 

Ensuite, Meurtre dans un jardin indien plaira bien évidemment aux Détectives, car même si le roman est un peu barré, il n’empêche que Vikas Swarup nous mène en bateau jusqu’à la fin !

Un roman frais, peut-être le genre de livre à emmener en vacances … ? 

 Pour en faire un film, il faudrait absolument avoir Aishwarya Rai et Zach Galifianakis (décidément j'ai choisis les plus difficiles à orthographier!)


Pour lire ma critique Babélio, c'est par ici !

samedi 11 juillet 2015

Vous voulez savoir quel type de lecteur vous-êtes ?

Rendez vous dans les Bonus : et dites nous quel lecteur vous êtes.

Et n'hésitez pas à indiquer en commentaire quel livre, à votre sens, représente le mieux tel ou tel type de lecteur. Après, nous pourrons faire une grande liste des incontournables que chaque type de lecteur doit IMPERATIVEMENT posséder (oui, oui, c'est impératif!)
 

mardi 21 avril 2015

Un intérêt particulier pour les morts, d'Ann Granger

De quoi ça parle ?
 
« Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d'une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis. Lizzie est intriguée d'apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s'être enfuie avec un inconnu. Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l'un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s'est passé… »
 
Pour quel lecteur ?
Etant un brin mauvaise langue, j’aurais tendance à dire « à personne »… Malgré mon énervement (pas très bien dissimulé, vous l’aurez compris), je vais essayer d’étoffer mon propos. Le livre s’adresse aux détectives et aux historiens, mais sincèrement je pense que ni l’un ni l’autre n'y trouvera son compte.
Tout d’abord le détective : au début, la sauce semble plutôt bien prendre. Nous faisons la connaissance d’une jeune femme qui enquête sur la disparition de la dame de compagnie qui l’a précédé auprès de sa tante. Nous avons des personnages sympathiques, qui rappellent le CLUEDO : la vieille femme de chambre, le révérend, le jeune dandy, la riche tante… Cependant, force est de constater l’absence totale d’intelligence dans l’enquête, un suspens proche du néant, et une « clé d’énigme » que je qualifierais de FACILE, facile et facile. Pour ne pas gâcher la « surprise » à ceux qui le liront, je vais me taire. Mais c’est ridicule. Ca ne s’appelle pas une enquête, tout simplement.
Et pour les historiens ? Malgré un cadre historique sympathique, à savoir l’époque victorienne, je pense qu’on n’apprend pas grand-chose au final. L’auteur a visiblement recherché quelques informations qu’elle mâche et recrache toutes les minutes jusqu’à que le lecteur ait envie de pleurer.
A la rigueur, seul le sentimental, dans sa dimension la plus niaise, pourra à la rigueur récupérer les miettes… Car bien entendu « la fille pas si jolie que ça et qui est trop franche et trop avant-gardiste pour son époque » fait tomber tous les garçons ! A l’image de la crédibilité globale du livre : néant total.
Vous voulez un petit secret ? C’est une mauvaise contrefaçon d’Anne Perry (lisez ma chronique), qui reste la reine du polars victoriens. Et qui fait deux fois mieux, aussi bien en matière de roman policier que de roman historique. Economisez vos sous, achetez directement Anne Perry, par pitié...
Pour lire mon déchainement de colère (ou plutôt ma critique…) cliquez LA !

samedi 11 avril 2015

Rue Farfadet de Raphaël Albert

De quoi ça parle ?

« Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères, des maris jaloux, des épouses trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux... Alors Sylvo fréquente assidûment les bars et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames... Jusqu'au jour où lors d'une banale enquête de routine il se trouve mêlé à une machination dépassant l'entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l'affaire par l'un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ? »

 
Pour quel lecteur ?

Raphaël Albert offre un roman steampunk drôle et rafraichissant qui plaira au lecteur Imaginatif. Il propose un voyage déroutant dans un Paris revisité sauce fantasy, où les premières voitures à moteur côtoient les centaures, et où les elfes alcooliques font de parfaits détectives privés. La Place Pigalle devient la Place Mygale et la Seine devient la Veine etc… Et comme si cette imagination florissante ne se suffisait pas à elle-même, l’auteur a un style vraiment agréable à lire, un savant mélange d’argot démodé (si, si, c’est une sorte de compliment) et de poésie : dès les premières lignes le lecteur oscille entre l’émerveillement et le fou rire. Le côté loufoque pourra attirer plus d'un lecteur Déjanté.

Cet univers riche sert de décor à une enquête policière menée par un elfe roublard et un brin dépressif mais que le lecteur ne pourra qu’apprécier. Le personnage principal est à mi-chemin entre Nestor Burma (comprendre: un détective privé qui bosse dans un taudis et qui porte un chapeau) et Peregrin Touque (comprendre: une sorte d'hobbit un peu feignant et qui ne refuse jamais un bon verre de gnôle)! Le Détective aimera le suivre dans son enquête où cette fois les suspects sont des fées, des trolls et des magiciens !

L’Aventurier pourra également y trouver son compte, car le roman contient de nombreux rebondissements et retournements de situation. A la croisée du roman policier, d’espionnage et de la fantasy, Raphaël Albert signe un roman qui a d’ores et déjà conquis pas mal de monde, à en juger les nombreuses critiques positives qu’il a recueilli.

  
Un livre qui plairait à Tim Powers ou à Harry Dresden !

 
Pour lire mon avis très positif, cliquez ici !

lundi 30 mars 2015

La Dame en Blanc de Wilkie Collins

De quoi ça parle ?
« Walter Hartright, un jeune professeur en art, vient en aide à une belle et mystérieuse femme toute de blanc vêtue. Il apprend peu après qu'il s'agit d'une folle échappée d'un asile. Le jour suivant, il se rend à Limmeridge House où il s'est vu offrir un emploi. Or, parmi ses nouveaux élèves, la jeune Laura Fairlie ressemble fort à la femme en blanc qu'il a déjà secourue...
Les Français avaient oublié ce roman, ancêtre de tous les thrillers, qui fascinait Borges et rendit jaloux Dickens. Il nous révèle une sorte de "Hitchcock de la littérature" : suspens, pièges diaboliquement retors, terreurs intimes, secrètes inconvenances - rien n'y manque. »
Pour quel lecteur ?
La Dame en Blanc fait partie de ces immenses classiques anglais du 19ème, et est souvent considéré comme un roman fondateur en matière d’intrigue policière et de thriller. Le raffinement de son écriture donne à cette œuvre le côté « so british » un peu désuet qu’on trouve chez une Jane Austen ou chez une Charlotte Brontë. Ce style, un peu plus travaillé que dans les autres œuvres de Wilkie Collins (est-ce parce que les autres œuvres que j’ai pu lire ont été écrites après ou au cours de ses périodes de grandes dépendances au laudanum ?) souligne à merveille l’aura qui se dégage de chaque ligne de ce roman mystérieux et un brin effrayant.
L’Historien pourra visiter les riches demeures aristocratiques de l’époque victorienne, et peaufiner son analyse des relations sociales et des codes de l’époque. La place donnée aux femmes  est assez intéressante quand on pense à l’époque à laquelle Wilkie Collins a écrit son livre : même si la plupart des femmes du livre sont envisagées comme de jeunes donzelles à la recherche d’un bon parti, et que les personnages masculins n’hésitent pas à les rappeler à l’ordre lorsqu’elles tentent de « sortir de leur rôle », le personnage principal est une femme au caractère bien trempé et qui fait preuve d’une bonne dose de courage…
Bien entendu, le Détective va adorer lire La Dame en Blanc : je n’ai pas compté le nombre de retournements de situation et de révélations qui émaillent le roman, mais croyez-moi, vous trouverez votre compte ! Wilkie Collins sait faire monter le suspens, et il sera difficile de reposer le roman avant de l’avoir terminé !
En résumé, pour les mordus des auteurs anglais et du 19ème siècle, il s'agira d'ajouter une œuvre incontournable à leur tableau de chasse, et pour les autres (les Détectives), il s'agira d'un véritable retour aux sources !
P.S: LeDévoreur ne sera pas le seul à venir à bout de ses quelques 500 pages. En plus d'être un des premiers romans policiers jamais écrit, il s'agit aussi d'un des premiers page-turners je crois  !


Un roman qui a rendu Charles Dickens jaloux !
Ma critique personnelle sur Babélio ? C’est par ici !

dimanche 15 mars 2015

Les enquêtes de William Monk de Anne Perry (tomes 1 et 2)

Concerne les deux premiers tomes des enquêtes de William Monk, à savoir :
-          Un étranger dans le miroir
-          Un deuil dangereux
De quoi ça parle ?
 « William Monk, inspecteur de police chevronné, se réveille à l'hôpital. Violemment agressé il y a quelques semaines, il a perdu la mémoire. Ce qu'il s'empresse bien de taire à ses supérieurs, qui auraient tôt fait de l'exclure manu militari de la police londonienne. Revenu à la vie professionnelle, il mène parallèlement une enquête sur le meurtre d'un jeune aristocrate, survivant de la bataille de Crimée, et sur lui-même.».

Pour quel lecteur ?

La réponse est : Le Détective et l’Historien ! Anne Perry nous offre plusieurs séries (Les enquêtes de William Monk, les enquêtes de Charlotte Ellison et Thomas Pitt, les Histoires de Noël…) de romans  policiers se déroulant à l’époque victorienne (1837 - 1901). Les enquêtes sont bien ficelées, pleines de psychologie et le cadre historique est parfaitement maîtrisé.

Ce qui est particulièrement appréciable c’est qu’Anne Perry nous présente des personnages très réalistes et crédibles, avec leurs défauts et leurs failles. Le fait de prendre un personnage principal amnésique constitue une prise de risque considérable de la part de l’auteur, et pourtant c’est une véritable réussite : cela permet au lecteur de découvrir le personnage principal de manière progressive, et de se sentir impliqué dans l’histoire.

L’Historien appréciera le sens du détail d’Anne Perry, et sa capacité de mise en perspective avec notre époque actuelle. Ainsi, au-delà du roman policier « So British » (qui fera peut-être de l’œil aux fans de Jane Austen ?) se cache un véritable roman social, qui aborde les questions de la condition de la femme, de l’importance des conventions sociales et du « paraitre », des conditions d’hygiène et des répercussions de la guerre de Crimée en Angleterre.

Il s’agit de romans policiers « à énigme ». Exit les bains de sang et les tueurs psychopathes, Anne Perry offre des petits Cluedo, au sein des familles aristocratiques de l’époque. Le vrai Détective se délectera donc de tant de mystères.

Enfin, les romans d’Anne Perry offrent des passages consacrés au procès, et (là c’est la juriste qui parle) c’est vraiment intéressant de voir l’intelligence avec laquelle ces scènes sont construites.

En résumé : chapeau bas !

Un roman pour les amis d'Agatha Christie (Coté Détectives) et de Florence Nightingale (Coté Historiens et militants)!

Retrouvez mes critiques Babélio en cliquant ici (tome 1) ou encore là (tome 2)